La préhistoire
On sait depuis longtemps que les hommes préhistoriques travaillaient les minéraux: nombre d’outils, de lames, de pointes de flèche, ont ainsi été retrouvés (souvent taillés dans du silex, et dans des obsidiennes). L’acquisition des minéraux constitue d’ailleurs un fait sociologique majeur puisque grâce à ceux-ci, le tout 1er système de troc entre différents groupes d’individus put avoir lieu.
Mais saviez-vous que sans un ensemble bien particulier de roches, constituées d’oxydes de fer et d’argile, il n’y aurait pas eu d’art pariétal (du latin parietalis, “relatif aux murs”) ? Car dans ces fameux oxydes de fer figuraient la goethite, que nos lointains ancêtres broyaient pour donner de l’ocre jaune, ainsi que de l’hématite (qui donnait l’ocre rouge) ! Ces ocres dont ils recouvraient également certaines sépultures, et mêmes certaines dépouilles: on suppose qu’au-delà d’un rituel quelconque, ils s’étaient rendus compte que ça améliorait la conservation des corps.
Les hommes préhistoriques utilisaient donc les minéraux dans un but utilitaire, mais aussi social, cultuel et artistique !
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L'Egypte Antique
En Egypte antique (3100 ans avant notre ère), les pierres étaient notamment broyées pour en faire des fards (dont la malachite, qui atténuait la réverbération du soleil), des masques de beauté (le quartz rose surtout, qui possédait un pouvoir abrasif), ou encore utilisées sous forme d’élixirs destinés à atténuer la fièvre, la dysenterie, les maux dentaires et même sur des parturientes lors d’accouchements difficiles.
Mais c’est surtout leur rôle cultuel qui reste le plus remarquable: il existait un véritable abécédaire des minéraux à utiliser lors de rites bien particuliers:
La période vicking
Mais comment diable les vikings, ces fameux guerriers scandinaves, ont-ils pu naviguer sur de si grandes distances et envahir des territoires si éloignés de leurs terres natales ? Par quel miracle étaient-ils si bons marins ?
Hé bien ! depuis quelques années, certains physiciens se sont penchés très sérieusement sur le sujet, et une piste minérale passionnante s’est dégagée: ils se repéraient vraisemblablement en mer grâce à… une calcite optique (et non une pierre de soleil, comme les experts le crurent pendant longtemps) !
En effet, les vikings regardaient le ciel (afin de repérer le soleil) à travers la calcite optique, car elle possède des propriétés de biréfringence remarquables: ils obtenaient alors 2 images différentes.
Le principe est plus précisément le suivant: un faisceau lumineux entrant ressort sous la forme de deux faisceaux dont l’un a perdu sa polarisation. Leurs intensités sont en général différentes mais lorsque l’on tourne le cristal, ces deux intensités finissent par être les mêmes: ce qui permettait alors de localiser le Soleil sur la voûte céleste !
Le Moyen Age
Comment parler des pierres sans évoquer Hildegarde de Bingen ? Religieuse bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres, elle prôna l’utilisation des pierres au quotidien, dès le 12e siècle !
Elle rédigea à cet effet de nombreux ouvrages, d’ailleurs encore lus de nos jours par les passionnés de lithothérapie (tout au moins ceux qui ne sont pas rebutés par le style un brin alambiqué de ses écrits, largement imprégnés par sa foi).
Grande observatrice des plantes et des animaux, Hildegarde est aussi considérée comme la toute 1ère naturaliste allemande !
Au nombre de ses traités les plus connus (que ce soit en lithothérapie ou en phytothérapie) figurent le célèbre “Physica”, mais également le “Causae et curae”, inspiré d’Hippocrate.
Elle fut, le 7 octobre 2012, proclamée “Docteur de l’Eglise” par le pape Benoît XVI, qui la légitima ainsi en tant que modèle pour tous les catholiques.
La fin de la Renaissance
En l’an 1600, dès le début du règne de Catherine de Médicis, les fards font leur entrée à la cour de France, et ils deviennent très vite une mode à laquelle aucun courtisan n’osera plus déroger. Car il fallait, pour se distinguer des visages hâlés du petit peuple, s’enduire consciencieusement la face d’un produit appelé « Céruse » ou « Blanc de Céruse », une préparation à base de carbonate de plomb où se mêlaient parfois de l’alun et du souffre. Or, ce Blanc de Céruse était astringeant, très couvrant, résistant à la sueur et… extrêmement toxique: à la longue, les courtisans voyaient en effet leurs dents se déchausser, leurs gencives saigner, leur vue péricliter et ils souffraient de coliques et de problèmes rénaux: les symptômes du saturnisme.
Et comme il fallait aussi montrer des joues rouges pour simuler la bonne mine, nos courtisans n’en restaient pas là: ils se tartinaient donc de ce qu’on appelait du «Rouge d’Espagne”: des solutions à base de… cinabre (sulfure naturel de mercure) broyé.
Certaines coquettes buvaient aussi chaque matin un philtre concocté par des alchimistes italiens (arrivés à la cour dans les bagages de la reine Catherine): l’ “Aurum Potabile” ou “or potable”.
La plus célèbre d’entre elles, Diane de Poitiers, favorite du roi Henri II, finit même par en décéder: de fait, elle arborera durant plusieurs années un teint éclatant, d’une blancheur diaphane… mais un teint aussi pâle que la mort qui couvait désormais en elle: empoisonnée par l’or, elle devint anémique, commença à perdre ses dents et sa belle chevelure se fit rare et cassante. Autre signe de l’empoisonnement aux métaux lourds: des nausées et des diarrhées qui la clouaient souvent dans ses appartements privés. Elle mourut en 1566, à l’âge de 66 ans, au terme d’une agonie aussi lente que sournoise.
Le 18e siècle
Au 18e siècle, il se passa un évènement notable concernant l’aspect scientifique des minéraux: l’abbé Haüy (minéralogiste français) découvrit les sept systèmes cristallins.
En effet, les cristaux sont classés en sept systèmes suivant la symétrie de leurs faces, définies par des axes de symétrie autour desquelles le cristal peut tourner en présentant toujours le même aspect.
Ces sept systèmes sont les suivants: cubique, hexagonal, tétragonal, trigonal, orthorhombique, monoclinique et triclinique.
En lithothérapie analytique (pour ceux qui pratiquent la discipline selon cette méthode de travail), on se sert encore assidûment des systèmes cristallins aujourd’hui ! Michael Gienger en a même rajouté un 8e: le système amorphe. Qui caractérise l’absence de système cristallin, comme chez l’obsidienne, la moldavite, l’opale,…
Au 18e siècle, notons encore que les pierres étaient couramment utilisées en médecine (essentiellement sous forme de poudres et d’élixirs), et la lithothérapie (qui à l’époque, ne portait pas encore ce nom) côtoyait alors les disciplines scientifiques médicinales.
Le New Age
Le mouvement New Age a influencé le mouvement hippie américain. Fondé sur un esprit de contre-culture, de rejet des valeurs traditionnelles, le New Age s’est ouvert, et inspiré d’une multitude de cultures, de philosophies (dont le holisme, mais aussi de théosophie), de notions de vies antérieures, de télépathie, de channeling… mais a aussi revendiqué le pouvoir des cristaux.
On a TOUT dit du mouvement New Age, souvent en le considérant sous forme de clichés ambulants.
Or, même si on n’adhère pas à l’entièreté de ses principes, il aura eu le mérite d’induire une autre façon de penser, de vivre. Et de ramener les minéraux sur le devant de la scène du 20e siècle (ce qui, avouons-le, était loin d’être gagné d’avance) !
Et de nos jours ?
Cette décennie écoulée, les sociétés occidentales contemporaines ont été marquées par une recherche croissante de santé et de spiritualité empruntant à divers champs de connaissance et ce, dans une quête de renouveau et une vision plus holistique de l’univers.
Ces interrogations avaient déjà connu un fort engouement dans les années 1970, au plus fort du mouvement New Age, et elles sont revenues plus récemment sur le devant de la scène en même temps qu’une prise de conscience écologique majeure (entre autres choses).
Un peu partout dans le monde, on assiste donc à un changement de paradigme lequel, s’il n’est pas inédit, acquiert graduellement une ampleur non- négligeable qui semble l’installer au sein de nos sociétés de manière plus pérenne que les coups d’éclats revendiqués par le New Age il y a un demi-siècle: car là où on prônait une forme de communautarisme (qui a d’ailleurs parfois connu des dérives sectaires), nous vivons désormais dans un monde dans lequel le tissu social s’est délité au fil du temps, en grande partie à cause des normes édictées par les nouvelles formes de communication (les réseaux sociaux, notamment).
Ce “nouveau” monde a ainsi créé un individualisme propice à la recherche d’un équilibre, d’un bien-être personnel et d’un accomplissement de soi: concepts auxquels sont venus se greffer une conscience accrue de la portée de nos actes sur notre environnement naturel, et un besoin de vibrer à nouveau au diapason de la terre. Bref, dans les années 70, on pensait “révolution”, et dans les années 2000, on pense “évolution” ! Et c’est dans cet état d’esprit que s’inscrit parfaitement notre lithothérapie !